Mars, pour moi, c’est vraiment le dernier mois de l’hiver. C’est un mois charnière, un peu particulier, où on est entre deux saisons — la tranquillité de l’hiver et le début de la grosse saison qui s’en vient. Mais ce qui est particulier avec mars, c’est qu’on ne sait jamais vraiment quand le pivot va se faire. Des fois, ça part d’un coup, presque du jour au lendemain. D’autres années, comme celle-ci, ça s’étire… et ça s’étire longtemps.
Cette année, honnêtement, je trouve que l’hiver a été particulièrement présent. Il a fait froid, il y a encore de la neige, puis on sent que la saison tarde à démarrer. En boutique, on est un peu dans cet état-là depuis quelques semaines : dans l’attente, dans l’anticipation, avec ce feeling que ça va partir d’une journée à l’autre… mais que ce n’est pas encore tout à fait là. Je me sens un peu comme mon petit garçon de deux ans en auto qui me demande sans arrêt : « on est-tu arrivé? » C’est exactement ça, le mois de mars pour nous.

Ce que les gens ne voient pas, par contre, c’est que pour nous, la saison ne commence pas quand il fait beau. Si on veut que, le jour où le soleil sort et que les gens reviennent en magasin, tout fonctionne bien, que l’équipe soit prête et que l’expérience soit au rendez-vous, ça demande énormément de préparation en amont. Et cette préparation-là, elle ne se fait pas en quelques jours.
Dans les derniers mois, on a pris beaucoup de décisions importantes. On a réfléchi à ce qu’on voulait mettre de l’avant cette année, aux produits qu’on allait rentrer en magasin, à ce qui allait réellement répondre aux besoins des gens. On a fait des recherches, participé à des salons, évalué des options, testé des choses. On s’est formés sur les nouvelles technologies, on a formé notre équipe, on a ajusté notre structure.
On a aussi travaillé sur tout ce qui ne paraît pas nécessairement au premier coup d’œil : le site web, l’expérience client, l’organisation interne, même des rénovations. Bref, on a préparé la saison en profondeur, pour être prêts quand ça va partir. Parce qu’une fois que la saison est lancée, ce n’est plus le moment de faire des gros ajustements. Il faut que ça roule. Et ça, je pense que c’est une réalité que les gens ne soupçonnent pas toujours. Même si, de l’extérieur, ça peut sembler plus tranquille, pour nous, les derniers mois ont été très intenses.
En ce moment, on est vraiment dans ce moment particulier, juste avant que tout commence. Si je devais mettre une image là-dessus, ce serait vraiment celle d’un match. On s’est entraînés, on a mis en place nos stratégies, on s’est préparés du mieux qu’on pouvait… et là, on attend le coup de sifflet.
Et même après plusieurs années, il y a toujours ce doute-là qui reste.
Parce qu’au final, on n’a pas de boule de cristal. On fait de notre mieux avec ce qu’on sait, avec notre expérience, avec notre intuition, mais il y a toujours une part d’incertitude. C’est d’autant plus vrai pour nous, parce qu’à la base, on n’était pas des gens d’affaires. On était des gens “normaux”, avec des métiers, une stabilité, un cadre. L’entrepreneuriat, on l’a appris sur le terrain, à force d’essais, d’erreurs, d’ajustements. Donc oui, on a beaucoup appris, mais ce feeling-là de responsabilité, lui, il ne disparaît jamais complètement. Et aujourd’hui, avec une famille, il est encore plus présent.

Il y a aussi une autre réalité, plus concrète, qu’on vit à ce moment-ci de l’année. On arrive à la fin de la saison morte. Donc même si l’énergie remonte et que l’excitation est là, on est aussi dans une période où les ressources sont plus serrées. Et cette année, ça se fait encore plus sentir parce qu’on a choisi d’investir beaucoup dans l’entreprise : dans l’équipe, dans les infrastructures, dans l’expérience qu’on veut offrir. Donc oui, c’est une période où on se questionne. Où il y a du stress, de l’anxiété, des nuits un peu plus courtes, des moments où on se demande si on a fait les bons choix. C’est ça aussi, l’entrepreneuriat: une montagne russe.
Mais malgré tout ça, il y a quelque chose de profondément satisfaisant là-dedans. Quand je prends un pas de recul et que je regarde ce qu’on a bâti, je me rappelle qu’on est partis de rien. Il n’y avait pas de modèle, pas de chemin déjà tracé. On a construit ça avec notre vision, notre feeling, en écoutant les gens autour de nous, en testant, en s’adaptant, en avançant. Et surtout, on l’a fait avec sincérité. On n’a jamais fait ça pour les mauvaises raisons. On l’a fait parce qu’on y croyait, parce qu’on voulait créer quelque chose qui nous ressemble, qui fait du bien aux gens.
Puis il y a vous. Nos clients, notre communauté, notre équipe, les gens qu’on a rencontrés en chemin, ceux qui nous ont aidés, conseillés, soutenus, parfois au moment où on en avait le plus besoin. Ça fait une énorme différence.
Donc oui, en ce moment, c’est une période qui est intense. Mais c’est aussi une période remplie d’anticipation.
Et on a vraiment hâte de vous retrouver en magasin — de prendre des nouvelles, de rencontrer des nouvelles personnes, de vous faire découvrir tout ce qu’on a préparé pour cette saison.


